On pose E=R2[X], et F un R-espace vectoriel. On considère l'application φ, définie sur E, par : φ:⎩⎨⎧EP⟶⟶Fφ(P) Avec : ∀x∈R,∀t∈R+,∀(a;b;c)∈R3,φ(P)(x)=∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−tP(t)dt En outre, on note par G l'intégrale suivante : ∀k∈N,G(k)=∫0+∞tke−tdt
Question 1
Démontrer que, ∀P∈E, l'objet φ(P) est bien défini.
Correction
Un élément quelconque P∈E, à la forme suivante : ∀t∈R,∀(α;β;γ)∈R3,P(t)=αt2+βt+γ Ainsi, on a : φ(P)(x)=∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−t(αt2+βt+γ)dt L'intégrale φ(P) est impropre de première espèce. Notons par Q le polynôme de degré 4, donc Q∈R4[X], suivant : Q(t)=(ax2+bxt+ct2)×(αt2+βt+γ)⟹φ(P)(x)=∫0+∞Q(t)e−tdt Or, on a la limite suivante : t⟶+∞limt2Q(t)e−t=0 Ce qui implique, d'après le critère de comparaison avec une puissance 2>1, que l'intégrale impropre φ(P) converge, donc est bien définie.
Question 2
Démontrer que φ est une application linéaire ; à savoir φ∈L(E;F).
Correction
Soient P1 et P2 deux éléments distincts de E. Désignons par λ un réel. On a alors : φ(P1+λP2)(x)=∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−t(P1+λP2)(t)dt Soit : φ(P1+λP2)(x)=∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−t(P1(t)+λP2(t))dt Ce qui nous donne, par linéarité de l'intégrale, le résultat suivant : φ(P1+λP2)(x)=∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−tP1(t)dt+λ∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−tP2(t)dt Dès lors, on obtient : φ(P1+λP2)(x)=φ(P1)(x)+λφ(P2)(x) Finalement : φ(P1+λP2)=φ(P1)+λφ(P2) On peut donc affirmer que φ est une application linéaire ; à savoir φ∈L(E;F).
Question 3
Démontrer que φ est un endomorphisme de E ; à savoir φ∈L(E).
Correction
Pour démontrer que φ est un endomorphisme de E il nous faut montrer que F=E=R2[X]. Dès lors, il nous faut prouver que si P∈E alors φ(P)∈E. Soit un élément quelconque P∈E, qui à la forme suivante : ∀t∈R,∀(α;β;γ)∈R3,P(t)=αt2+βt+γ Ainsi, on a : φ(P)(x)=∫0+∞(ax2+bxt+ct2)e−t(αt2+βt+γ)dt Soit encore : φ(P)(x)=++∫0+∞ax2e−t(αt2+βt+γ)dt∫0+∞bxte−t(αt2+βt+γ)dt∫0+∞ct2e−t(αt2+βt+γ)dt D'où : φ(P)(x)=++ax2∫0+∞e−t(αt2+βt+γ)dtbx∫0+∞e−t(αt3+βt2+γt)dtc∫0+∞e−t(αt4+βt3+γt2)dt Or, les trois intégrales impropres de première espèce suivantes ⎩⎨⎧I1I2I3===∫0+∞e−t(αt2+βt+γ)dt∫0+∞e−t(αt3+βt2+γt)dt∫0+∞e−t(αt4+βt3+γt2)dt<br/> sont convergentes (même raisonnement que pour la première question). Donc, on obtient : φ(P)(x)=ax2I1+bxI2+cI3 Soit encore : φ(P)(x)=∈R[aI1]x2+∈R[b<br/>I2]x+∈R[cI3] Donc, on peut affirmer que : P∈E⟹φ(P)∈E On peut donc en conclure que φ est un endomorphisme de E ; à savoir φ∈L(E).
Question 4
Quelle est l'espèce de l'intégrale G ?
Correction
L'intégrale G est une intégrale impropre de première espèce car sa borne supérieure est infinie et que son intégrande t⟼tke−t (avec k∈N) ne présente pas de singularité.
Question 5
Démontrer que l'intégrale G est de nature convergente.
Correction
On a, ∀k∈N, la limite suivante : t⟶+∞limt2tke−t=t⟶+∞limt2+ke−t=0 Ce qui implique, d'après le critère de comparaison avec une puissance 2>1, que l'intégrale impropre G converge.
Question 6
Démontrer par récurrence que, ∀k∈N, on a : G(k)=k!
Correction
Posons la propriété Pk, suivante : Pk:∀k∈N,G(k)=k! ▼Premieˋreeˊtape:Initialisation Si k=0 on a : G(0)=∫0+∞t0e−tdt=∫0+∞e−tdt=B⟶+∞lim[−e−t]0B=B⟶+∞lim[e−t]B0 Soit : G(0)=B⟶+∞lime−B−e−0=0−e0=e0=1=0! Ainsi P0 est vérifiée. ▼▼Deuxieˋmeeˊtape:Transmission Soit k∈N. On suppose que Pk est vraie. Vérifions si, sous cette hypothèse, que Pk+1 est également vraie. On a : G(k+1)=∫0+∞tk+1e−tdt Une intégration par partie nous permet d'écrire que : G(k+1)=B⟶+∞lim[−tk+1e−t]0B−∫0+∞(k+1)tk(−e−t)dt Soit : G(k+1)=−B⟶+∞lim[tk+1e−t]0B+(k+1)∫0+∞tke−tdt Ce qui nous donne : G(k+1)=−B⟶+∞limBk+1e−B+0k+1e−0+(k+1)G(k) D'où : G(k+1)=−0+0+(k+1)G(k) Comme pat hypothèse, Pk est vraie, alors on a G(k)=k!, ce qui implique que : G(k+1)=−0+0+(k+1)k! Et finalement : G(k+1)=(k+1)! Et de ce fait, on vient de démontrer que Pk est également vraie. La propriété est bien transmise au rang suivant. ▼▼▼Troisieˋmeeˊtape:Conclusion En vertu des axiomes de la récurrence, la propriété Pk est vraie ∀k∈N, et on peut alors conclure que : ∀k∈N,G(k)=k!
Question 7
Expliciter la base canonique, notée BE, de E=R2[X].
Correction
La base canonique, notée BE, de E=R2[X] est : BE={1;X;X2}
Question 8
Soit MBE(φ) la matrice représentative de φ relativement à la base canonique BE. Expliciter l'expression, en fonction de a, b et c, de la matrice MBE(φ).
Correction
Soit MBE(φ) la matrice représentative de l'endomorphisme φ relativement à la base canonique BE. Notons par : {P(x)φ(P)(x)==αx2+βx+γdansBEAx2+Bx+CdansBE Dans ce cas, d'après la question 3., on sait que : φ(P)(x)=ax2I1+bxI2+cI3 avec : ⎩⎨⎧I1I2I3===∫0+∞e−t(αt2+βt+γ)dt∫0+∞e−t(αt3+βt2+γt)dt∫0+∞e−t(αt4+βt3+γt2)dt===αG(2)+βG(1)+γG(0)αG(3)+βG(2)+γG(1)αG(4)+βG(3)+γG(2) Donc, on a : ⎩⎨⎧I1I2I3===2α+1β+1γ6α+2β+1γ24α+6β+2γ Ainsi, on a : φ(P)(x)=ax2(2α+1β+1γ)+bx(6α+2β+1γ)+c(24α+6β+2γ) Soit encore : φ(P)(x)=x2(2aα+1aβ+1aγ)+x(6bα+2bβ+1bγ)+(24cα+6cβ+2cγ) Il est alors possible d'écrire que : Ax2+Bx+C=(2aα+1aβ+1aγ)x2+(6bα+2bβ+1bγ)x+(24cα+6cβ+2cγ) Par identification, on a : ⎩⎨⎧ABC===2aα+1aβ+1aγ6bα+2bβ+1bγ24cα+6cβ+2cγ En notation matricielle, ceci s'écrit comme : ⎝⎛ABC⎠⎞=⎝⎛2a6b24c1a2b6c1a1b2c⎠⎞⎝⎛αβγ⎠⎞⟺φ(P)BE=MBE(φ)×PBE Finalement, on obtient la matrice suivante : MBE(φ)=⎝⎛2a6b24ca2b6cab2c⎠⎞
Question 9
Déterminer le rang Rang(MBE(φ)).
Correction
Notons par w le nombre des éléments nuls parmi les trois coefficients réels {a;b;c}. Ainsi : ∙w=0 si les trois réels sont non nuls, à savoir (a;b;c)∈R⋆ ; ∙∙w=1 si l'un des trois réels est nul ; ∙∙∙w=2 si deux des trois réels sont nuls ; ∙∙∙∙w=3 si les trois réels sont nuls, à savoir a=b=c=0. D'après la technique dite de "la réduite de Gauss", le rang Rang(MBE(φ)) est donné par la formule : Rang(MBE(φ))=3−w
Question 10
Déterminer une condition pour que l'application φ soit un automorphisme de E ; à savoir φ∈GLR(E).
Correction
Pour que l'endomorphisme φ soit un automorphisme de E, il faut que φ soit bijectif ; autrement dit que l'endomorphisme φ soit à la fois injectif et surjectif. On a alors les conditions suivantes : ∙conditiond′injectiviteˊ:Rang(φ)=dimE ; ∙∙conditiondesurjectiviteˊ:Rang(φ)=dimF ; Mais on sait que E=F=R2[X], ce qui implique que : dimE=dimF=dimR2[X]=3 Ainsi, pour que l'endomorphisme φ soit à la fois injectif et surjectif, il faut nécessairement que l'on ait : Rang(φ)=3 Or, on sait que : Rang(φ)=Rang(MBE(φ)) Ainsi, on peut écrire que : 3=3−w⟺w=0 Finalement, la condition recherchée est que, les trois réels a, b, et c soient tousnonnuls. En conclusion, on a : φ∈GLR(E)⟺abc=0
Signaler une erreur
Aide-nous à améliorer nos contenus en signalant les erreurs ou problèmes que tu penses avoir trouvés.
Connecte-toi ou crée un compte pour signaler une erreur.