La chocolaterie Delmas décide de commercialiser de nouvelles confiseries : des palets au chocolat en forme de goutte d’eau. Pour cela, elle doit fabriquer des moules sur mesure qui doivent répondre à la contrainte suivante : pour que cette gamme de bonbons soit rentable, la chocolaterie doit pouvoir en fabriquer au moins 80 avec 1 litre de pâte liquide au chocolat.
Question 1
Partie A : modélisation par une fonction. Le demi-contour de la face supérieure du palet sera modélisé par une portion de la courbe de la fonction f définie sur ]0;+∞[ par : f(x)=xx2−2x−2−3ln(x). La représentation graphique de la fonction f est donnée ci-dessous.
Le repère est orthogonal d’unité 2 cm en abscisses et 1 cm en ordonnées.
Soit φ la fonction définie sur ]0;+∞[ par: φ(x)=x2−1+3ln(x) . Calculer φ(1) et la limite de φ en 0 et +∞.
Correction
φ(x)=x2−1+3ln(x) De plus :
φ(1)=12−1+3ln(1)=0
x→0+lim3ln(x)x→0+limx2−1==−∞−1}par addition
x→0+limφ(x)=−∞
La courbe représentative de la courbe φ admet une asymptote verticale d'équation x=0.
x→+∞lim3ln(x)x→+∞limx2−1==+∞+∞}par addition
x→+∞limφ(x)=+∞
Question 2
Étudier les variations de φ sur ]0;+∞[. En déduire le signe de φ(x) selon les valeurs de x.
Correction
Soit φ(x)=x2−1+3ln(x) Ainsi : φ′(x)=2x+x3 Pour tout réel x appartenant à l'intervalle ]0;+∞[, on vérifie aisément que :
2x>0
x3>0
Comme φ′(x)=2x+x3, il en résulte donc que sur l'intervalle ]0;+∞[ on a : φ′(x)>0 donc la fonction φ est strictement croissante sur ]0;+∞[. On dresse ci-dessous le tableau variation complet de φ en intégrant les informations de la question 1.
Il en résulte que :
sur l'intervalle ]0;1] : φ(x)≤0
sur l'intervalle [1;+∞[ : φ(x)≥0
Question 3
Calculer les limites de f aux bornes de son ensemble de définition.
Correction
x→+∞limxln(x)=0
Soit f(x)=xx2−2x−2−3ln(x) D’une part : Calcul de la limite en +∞. x→+∞limxx2−2x−2−3ln(x)=x→+∞limxx2−x2x−x2−x3ln(x) x→+∞limxx2−2x−2−3ln(x)=x→+∞limx−2−x2−x3ln(x)
D’autre part : Calcul de la limite en 0. x→0+limxx2−2x−2−3ln(x)=x→0+limx1(x2−2x−2−3ln(x))
x→0+limx1x→0+limx2−2x−2−3ln(x)==+∞+∞}par produit
x→0+limf(x)=+∞
La courbe représentative de la courbe f admet une asymptote verticale d'équation x=0.
Question 4
Montrer que sur ]0;+∞[ : f′(x)=x2φ(x). En déduire le tableau de variation de f.
Correction
Soit f(x)=xx2−2x−2−3ln(x) f est dérivable sur ]0;+∞[ Ici on reconnaît la forme : (vu)′=v2u′v−uv′ avec u(x)=x2−2x−2−3ln(x) et v(x)=x. Ainsi u′(x)=2x−2−x3 et v′(x)=1. Il vient alors que : f′(x)=x2(2x−2−x3)×x−(x2−2x−2−3ln(x))×1 équivaut successivement à : f′(x)=x22x2−2x−3−x2+2x+2+3ln(x) f′(x)=x2x2−1+3ln(x) Ainsi :
f′(x)=x2φ(x)
Pour tout réel x appartenant à ]0;+∞[, on sait que x2>0. Il en résulte que le signe de f′ est alors du signe de φ que l'on a déterminé à la question 2. En reprenant également les calculs de limites vues à la question 3, nous pouvons dresser le tableau de variation complet de f.
Question 5
Prouver que l’équation f(x)=0 admet une unique solution α sur ]0;1]. Déterminer à la calculatrice une valeur approchée de α à 10−2 près. On admettra que l’équation f(x)=0 a également une unique solution β sur [1;+∞[ avec β≈3,61 à 10−2 près.
Correction
Sur ]0;1], la fonction f est continue et strictement décroissante.
De plus, x→0+limf(x)=+∞ et f(1)=−3 . Or 0∈[−3;+∞[, donc d'après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe une unique solution α dans ]0;1] tel que f(x)=0. A la calculatrice, on vérifie que : f(0,412)≈0,0144 et f(0,413)≈−0,006. Or 0∈]−0,006;0,0144[, donc d'après le théorème des valeurs intermédiaires on en déduit que :
0,412≤α≤0,413
donc une valeur approchée est alors : α=0,41. On admettra que l’équation f(x)=0 a également une unique solution β sur [1;+∞[ avec β≈3,61 à 10−2 près.
Question 6
Soit F la fonction définie sur ]0;+∞[ par : F(x)=21x2−2x−2ln(x)+23(ln(x))2. Montrer que F est une primitive de f sur ]0;+∞[.
Correction
Dans le cas où une primitive F est donnée, il vous suffit de dériver F et d'obtenir comme résultat f.
Autrement dit, il faut que : F′(x)=f(x)
(un)′=n×u′×un−1
Pour la dérivée de la fonction x↦(ln(x))2 on va utiliser la forme (un)′=n×u′×un−1. F est dérivable sur ]0;+∞[, il vient alors : F(x)=21x2−2x−2ln(x)+23(ln(x))2 F′(x)=21×2x−2−x2−23×2×x1×ln(x) F′(x)=x−2−x2−x3ln(x). Nous mettons ensuite tout au même dénominateur. F′(x)=xx2−2x−2−3ln(x) Ainsi :
F′(x)=f(x)
Question 7
Partie B: résolution du problème. Dans cette partie, les calculs seront effectués avec les valeurs approchées à 10−2 près de α et β de la partie A.
Pour obtenir la forme de la goutte, on considère la courbe représentative C de la fonction f restreinte à l’intervalle [α;β] ainsi que son symétrique C′ par rapport à l’axe des abscisses. Les deux courbes C et C′ délimitent la face supérieure du palet. Pour des raisons esthétiques, le chocolatier aimerait que ses palets aient une épaisseur de 0,5 cm. Dans ces conditions, la contrainte de rentabilité serait-elle respectée?
Correction
Soit D le domaine hachuré délimité par la courbe C , l’axe des abscisses et les deux droites d’équations x=α et x=β.
Sur l’intervalle [α;β], la fonction f est négative, donc l’aire de D est : A=−∫αβf(x)dx A=−[F(x)]αβ A=−(F(β)−F(α)) A≈−(F(3,61)−F(0,41))
A≈5,6 unités d'aire
. (UA= Unités d'aires) L’aire du domaine compris entre les deux courbes est 2A≈11,20 U.A Une unité d’aire est égale à 2 cm2 donc l’aire entre les deux courbes vaut environ 22,40 cm2. L’épaisseur du palet doit être de 0,5 cm donc le volume du palet est d’environ 22,40×0,5=11,20 cm3. Le volume, en cm3, de 80 palets est donc 80×11,20=896<1000 , donc la chocolaterie peut fabriquer 80 palets avec 1000 cm3, soit 1 litre de chocolat liquide.
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