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Soient a∈R⋆ et f une fonction de classe C1 de R dans R. On suppose que f et f=TF[f] sont L1. On cherche u=u(x;t) solution de l'équation d'évolution, dite équation de la chaleur, suivante : ⎩⎨⎧∂tu=a2∂xx2u,x∈R,t>0u(x;0)=f(x),x∈R On rappelle que : ∀α∈R⋆,∀β∈C,∫−∞+∞e−αx2+βxdx=απe4αβ2
Interpréter Physiquement le problème de Cauchy précédent.
Correction
Ce problème de Cauchy modélise le phénomène de diffusion thermique (ou conduction de la chaleur) unidimensionnel au sein d'un milieu homogène de longueur infinie (représenté par la droite réelle R). L'expression u(x;t) représente la température de la barre au point d'abscisse x∈R à l'instant donné t>0. Le paramètre a2 désigne la diffusivité thermique du matériau (exprimée en m2⋅s−1), qui est une constante strictement positive caractérisant la vitesse à laquelle la chaleur s'y propage. L'équation aux dérivées partielles ∂tu=a2∂xx2u indique que le taux de variation temporelle de la température, en un point donné, est proportionnel à la concavité (ou courbure spatiale) du profil de température en ce point (traduction locale de la loi de Fourier et de la conservation de l'énergie). La condition initiale u(x;0)=f(x) fixe la cartographie thermique de départ, c'est-à-dire le profil initial de température qui est imposé à t=0.
Question 2
En faisant usage de la transformation de Fourier, résoudre le problème de Cauchy précédent.
Correction
Pour résoudre ce problème de Cauchy, nous allons avoir besoin des deux propriétés suivantes : ∙ Première propriété : La dérivée temporelle peut-être sortie de l'intégrale de Fourier. Donc, on a : F[∂tu](k;t)=∂tu(k;t) ∙∙ Seconde propriété : La transformée de Fourier d'une dérivée seconde par rapport à x fait apparaître un facteur (ik)2=−k2. Donc, on a : F[∂xx2u](k;t)=−k2u(k;t) Appliquons la transformée de Fourier aux deux membres de l'équation aux dérivées partielles (E.D.P.) considérée. On a alors : ∂tu(x;t)=a2∂xx2u(x;t) On a donc : F[∂tu](k;t)=a2F[∂xx2u](k;t) Ce qui nous permet d'écrire que : ∂tu(k;t)=a2(−k2)u(k;t) Ainsi : ∂tu(k;t)=−a2k2u(k;t) A ce stade, nous venons de transformer notre E.D.P. complexe en une simple Équation Différentielle Ordinaire (E.D.O.) du premier ordre en t. Pour un k fixé, la solution de l'équation ∂tu=−a2k2u est de la forme suivante : u(k;t)=C(k)e−a2k2t Le terme C(k) est une issue de la procédure d'intégration qui dépend de k. Afin de déterminer C(k), nous allons utiliser la condition initiale à t=0. On a : u(x;0)=f(x)⟹u(k,0)=f(k) Or, en évaluant notre solution à t=0, on obtient : u(k,0)=C(k)e0=C(k) Ainsi : C(k)=f(k) ce qui nous donne la solution, dans l'espace de Fourier, suivante : u(k;t)=f(k)×e−a2k2t Nous venons d'exprimer u comme le produit de deux transformées de Fourier. Or, le produit " × " dans l'espace de Fourier correspond au produit de convolution " ⋆ " dans l'espace direct. On pose alors : gt(k)=e−a2k2t Ainsi notre équation devient : u(k,t)=f(k)×gt(k) Mais, le théorème de convolution nous apprend que : F[f⋆gt](k)=2πf(k)×gt(k) On en déduit que : u(k;t)=2π1F[f⋆gt](k) En prenant la transformée de Fourier inverse F−1 de cette dernière relation, on trouve immédiatement que : u(x;t)=2π1(f⋆gt)(x) L'expression gt(x) est la transformée de Fourier inverse d'une gaussienne, c'est également une gaussienne. On a alors : gt(x)=2π1∫−∞+∞gt(k)eikxdk=2π1∫−∞+∞e−a2k2teikxdk=a2t1e−4a2tx2 Finalement, la solution générale formelle u(x;t) recherchée est donc le produit de convolution entre gt et la condition initiale f. On a alors : u(x;tt)=2aπt1∫−∞+∞f(y)e−4a2t(x−y)2dy
Question 3
On considère le cas classique où f(x)=e−x2 (très utilisé en Physique). Trouver la solution correspondante à ce problème de Cauchy.
Correction
On pose : f(x)=e−x2 Donc, on a : f(k)=2π1∫−∞+∞f(x)e−ikxdx Soit : f(k)=2π1∫−∞+∞e−x2e−ikxdx Ce qui nous donne : f(k)=2π1∫−∞+∞e−x2−ikxdx Mais, le sujet nous apprend que : ∀α∈R⋆,∀β∈C,∫−∞+∞e−αx2+βxdx=απe4αβ2 En posant α=1 et β=−ik, donc β2=−k2, on obtient immédiatement : f(k)=2π1πe−4k2⟺f(k)=21e−4k2 On constate alors que nous pouvons écrire que : u(k;t)=f(k)e−a2k2t⟺u(k;t)=21e−4k2e−a2k2t Donc : u(k;t)=21e−4k2−a2k2t En factorisant par le terme −k2 dans l'exponentielle, on obtient : u(k;t)=21e−k2(41+4a2t) De même : u(k;t)=21e−4k2(1+4a2t) Appliquons maintenant la définition de la transformée de Fourier inverse, à savoir : u(x;t)=2π1∫−∞+∞u(k;t)eikxdk Ce qui nous permet d'écrire que : u(x;t)=2π1∫−∞+∞21e−4k2(1+4a2t)eikxdk Que nous allons écrire comme : u(x;t)=2π1∫−∞+∞21e−41(1+4a2t)k2eikxdk En regroupant les exponentielles, on obtient : u(x;t)=2π1∫−∞+∞21e−41(1+4a2t)k2+ikxdk Donc : u(x;t)=2π1∫−∞+∞e−41(1+4a2t)k2+ikxdk Utilisons à nouveau notre intégrale gaussienne donnée dans le sujet mais avec, cette fois, la variable d'intégration k au lieu de x, où α=41(1+4a2t) et β=ix. On a alors : u(x;t)=2π1×41(1+4a2t)πe−441(1+4a2t)x2 Soit : u(x;t)=2π1×1+4a2t4πe−1+4a2tx2 Soit encore : u(x;t)=2π1×1+4a2t2πe−1+4a2tx2 Finalement, en simplifiant par la quantité 2π on obtient le résultat suivant : u(x;t)=1+4a2t1e−1+4a2tx2 On remarque que si on pose t=0 dans cette solution finale, que nous venons de trouver, on retrouve bien u(x,0)=e−x2, ce qui confirme la validité de nos calculs.
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