Dans la correction qui va suivre, nous garderons à l'esprit que vous n'avez pas suivi de cours sur les Distributions, ni sur la Relativité Restreinte et ni sur la Mécanique Quantique. C'est pourquoi, certains passages de cette correction seront moins rigoureux qu'ils ne devraient l'être mais qu'ils seront parfaitement compréhensibles, et parfois mêmes intuitifs, avec vos connaissances actuelles d'analyse réelle et fonctionnelle. L'objectif étant de vous illustrer la nécessité de la transversalité, entre les disciplines, en Sciences.
On a l'intégrale suivante :
I=∫Rδ(g(x))φ(x)dxToutes les
N∈N racines
xi, avec
i∈[[1;N]], de
g sont des racines simples.
La continuité de
g′, et la simplicité des racines, imposent qu'il existe, autour de chaque racine
xi, un voisinage ouvert disjoint
Vi=]xi−ε;xi+ε[, avec
ε>0, sur lequel la dérivée
g′ ne s'annule pas et de fait conserve un signe constant.
En conséquence, en dehors de ces voisinages,
g(x)=0, donc la distribution de Dirac
δ(g(x)) y est nulle.
On peut donc découper le domaine d'intégration de l'intégrale
I et ainsi faire apparaitre une somme d'intégrales sur chacun des voisinages
Vi. On a alors :
I=i=1∑N∫Viδ(g(x))φ(x)dxSur chaque intervalle
Vi, effectuons le changement de variable
y=g(x). Dans ce cas on a :
dxdy=dxdg(x)=g′(x)D'où :
dy=g′(x)dx⟺dx=g′(x)dyLorsque
x varie dans le voisinage
Vi,
y, lui, varie dans un intervalle
Ji=g(Vi) qui contient nécessairement
0=g(xi). Comme
dx=g′(x)dy, le signe de
g′(x) sur
Vi est essentiel pour statuer correctement sur les bornes de l'intégrale en
y sur
Ji.
Examinons les deux cas possibles :
∙ premier cas : si
g′(xi)>0Dans ce cas la fonction
g est strictement croissante sur
Vi. Ceci nous permet d'affirmer que les bornes de la nouvelle intégration, en
y sur
Ji, sont conservées dans le même sens. En outre, comme
g′(xi)>0, cela implique que
g′(xi)=∣g′(xi)∣. D'où :
dx=∣g′(x)∣dy∙∙ second cas : si
g′(xi)<0Dans ce cas la fonction
g est strictement décroissante sur
Vi. Ceci nous permet d'affirmer que les bornes de la nouvelle intégration, en
y sur
Ji, sont inversées. On inverse à nouveau les deux bornes et cela induit l'apparition d'un signe moins. Ainsi, lors de l'intégration en
y sur
Ji, les bornes sont également conservées. En outre, comme
g′(xi)<0, cela implique que le signe moins apparu précédemment fait que
−g′(xi)>0. De ceci on en déduit que
−g′(xi)=∣g′(xi)∣. D'où :
dx=∣g′(x)∣dyDans les deux cas précédents, les conclusions sont les mêmes, à savoir que les bornes de l'intégration en
y sur
Ji, sont les mêmes que celles en
x sur
Vi, et que :
dx=∣g′(x)∣dyDonc, avec
x∈Vi et
y∈Ji, nous avons posé
y=g(x). En désignant par
Rg la fonction réciproque de
g, on a alors
x=Rg(y). Dans ce cas, on a alors :
I=i=1∑N∫Jiδ(y)φ(Rg(y))∣g′(x)∣dySoit :
I=i=1∑N∫Jiδ(y)φ(Rg(y))∣g′(Rg(y))∣dyOr, on sait que tous les
Ji contiennent
0, alors en faisant usage de la propriété de la distribution de Dirac
δ(y) dans l'intégrale, on obtient :
I=i=1∑N∫Jiδ(y)φ(Rg(y))∣g′(Rg(y))∣dy=i=1∑N(φ(Rg(0))×∣g′(Rg(0))∣1)Mais
xi=Rg(0). Donc :
I=i=1∑N(φ(xi)×∣g′(xi)∣1)On peut donc écrire que :
I=i=1∑N(∫Viδ(x−xi)φ(x)dx×∣g′(xi)∣1)Soit :
I=i=1∑N∫Vi∣g′(xi)∣δ(x−xi)φ(x)dxEn tenant compte des propriétés
δ(x−xi) dans un processus d'intégration, on en déduit que :
I=∫Ri=1∑N∣g′(xi)∣δ(x−xi)φ(x)dxOn a alors l'égalité suivante :
∫Rδ(g(x))φ(x)dx=∫Ri=1∑N∣g′(xi)∣δ(x−xi)φ(x)dxFinalement, on a bien démontré que l'on a la relation suivante :
δ(g(x))=i=1∑N∣g′(xi)∣δ(x−xi)